Mélanie : retour aux sources

La pilote aux nombreux records se confie avant sa course à domicile

Astles prête au décollage

Première femme de l'histoire du championnat du monde Red Bull Air Race – et à remporter une épreuve – la pilote de Challenger Class Mélanie Astles a grandi dans le Sud de la France, qu'elle a quitté adolescente, la tête pleine de rêves. Alors qu'elle se prépare à faire résonner le ciel de Cannes, Astles fait son grand retour en ayant déjà réalisé bon nombre de ses ambitions, faisant d'elle un modèle vivant pour les rêveurs du monde entier. À quelques jours de cette course historique, elle se confie...

Mélanie, où as-tu grandi ?
Je suis née à Rugby, au Royaume-Uni, où j'ai vécu jusqu'à l'âge de 3 ans. Mes parents ont alors décidé de venir en France, chez ma mère, à Beausoleil, près de Monaco.

C'était sympa de grandir sur la Côte d'Azur ?
Enfants, mon frère et moi on a beaucoup aimé vivre près du bord de mer, où le climat de rêve fait qu'on peut apprécier tout un tas d'activités. Et en même temps on était très près de la montagne, on faisait de super randos et du ski l'hiver. Et puis la proximité de Monaco était une occasion rêvée de pouvoir suivre chaque année le Grand Prix de Formule 1, c'était génial pour moi qui étais déjà amoureuse de sports mécaniques !

Tu as quitté la région à 18 ans, un âge charnière pour beaucoup de gens. Comment est-ce que ça s'est passé ?
J'étais plutôt bonne à l'école, mais le programme ne m'intéressait pas. J'ai essayé de faire de l'éco, de la littérature et même de la gestion hôtelière, mais ça ne collait pas. J'étais complètement perdue et je ne comprenais pas ce monde où je ne pouvais pas accomplir mon rêve de voler. Mais il y avait tellement d'obstacles à l'époque ! Financiers, académiques, sans parler de l'attitude de certains qui me disaient que « ce n'est pas un boulot de fille », etc. À 18 ans je n'avais certainement pas la détermination que j'ai aujourd'hui et je me suis simplement résignée, mais mon rêve de voler couvait encore au fond de moi.

Maintenant tu reviens sur la Côte avec une vie complètement différente. Ton histoire et ton évolution ont inspiré le monde entier : d'abord simple caissière dans une station essence, tu finis par remporter des titres en voltige aérienne et dernièrement tu es devenue pilote de ligne chez Air France. Sans parler du modèle féminin que tu représentes en Red Bull Air Race, où tu multiplies les podiums et réalises même la prouesse d'être la première femme à remporter un titre majeur en sport mécanique sur le fameux circuit d'Indianapolis.
Oui, 18 ans après avoir quitté l'école, à 18 ans, je reviens dans le Sud pour une course très importante. Le destin, qui sait ? Je n'arrive pas à réaliser tout le chemin parcouru. Je suis parvenue à barrer pas mal de choses sur la liste de ce que je voulais faire, et une grande partie de mes rêves les plus fous sont devenus réalité. Mais je ne m'arrête jamais de rêver !

En plus de tout ce que tu viens de mentionner, j'ai eu la grande chance de piloter un Spitfire en Grande-Bretagne et plus récemment un Rafale de l'armée de l'air. Mais surtout, sur le chemin, j'ai eu la grande chance de rencontrer toutes les belles personnes qui ont contribué à faire de ma vie un rêve, et je leur en suis très reconnaissante.

Mélanie pose fièrement sur la Bande de briques après sa victoire d'Indianapolis ©Joerg Mitter/RBAR

Qu'est-ce qui t'a manqué le plus loin de la Côte d'Azur ?
Clairement, le beau temps. J'ai vécu à différents endroits en France – dans le Nord, en Normandie, près de Lyon et de Grenoble – et ce qui m'a manqué le plus c'était cette lumière si spéciale de la Côte, une vraie thérapie pour le corps et pour l'esprit. C'est une des raisons pour lesquelles il y a un an je suis descendue un peu plus dans le Sud, dans notre belle Provence, si souvent dépeinte dans les livres et dans les films. On y trouve cette même lumière magique et la même beauté que sur la Côte.

Pour revenir au sport, qu'est-ce que ça te fait de courir à domicile, surtout toi qui auras le privilège, en plus d'être dans ton pays, d'être dans ta région ?
J'en peux plus d'attendre. Ça va être énorme pour moi. Après, que ce soit piloter ou faire quoi que ce soit devant son public ajoute toujours un peu de pression pour un athlète. Je compte sur tout le monde pour venir me soutenir et me transmettre leur énergie positive.
Et puis Cannes est un nouveau challenge pour moi : ce sera ma première course de la saison (la dernière était il y a 6 mois) et cette année en Challenger Class on pilote de nouveaux avions, des Edge 540. Le lieu et le circuit seront nouveaux pour tous les pilotes, ça va être une super course à regarder.

En un mot, quelle est ta stratégie ?
Je vais vraiment me concentrer pour faire de mon mieux et piloter tout en douceur.

Et pour finir, y'a-t-il quelque chose propre à ta région qui ne t'a jamais quitté pendant toutes ces années... et qui continue de t'inspirer aujourd'hui ?
Si vous me demandez ma couleur préférée, je vous dirai le bleu. Ce n'est pas vraiment étonnant vu que j'ai grandi dans le Sud, où la mer d'un superbe bleu azur et le bleu profond du ciel se rejoignent. Entre les deux, l'horizon, et au-delà, j'imaginais ma vie future, que j'ai décidé de remplir de mille couleurs.

Les billets sont en vente pour la course à domicile de Mélanie Astles, à Cannes du 20 au 22 avril. Prenez vos billets ICI.