Coordinateur d'équipe : un poste clé

« Quand je parle du TC, j'aime bien le comparer à l'action de la colle : c'est nous qui assurons la cohésion de l'ensemble des pièces du puzzle, mais on doit rester transparents, explique Kayla Layton, coordinatrice du Team Chambliss. Si vous faites bien votre job, personne de doit savoir ce qui se passe en coulisses. »

Kayla Layton et Victoria Griffiths – ancienne TC du champion du monde à la retraite Nigel Lamb et qui coordonne aujourd'hui l'équipe de Mikael Brageot – s'occupent de tout pour que leurs équipes puissent se concentrer sur la course. Leurs responsabilités couvrent différents domaines : relations publiques, marketing et logistique, ainsi que la gestion du projet, le timing et les déplacement. Les coordinateurs savent tout faire : accueillir les VIP, gérer les relations médias et travailler sur le branding, sans oublier d'organiser l'expédition de l'avion ou de mettre à jour les médias sociaux.



Layton nous explique : « Pour les TC, une course commence généralement plusieurs mois avant d'arriver sur site. On n'est pas seulement responsables de notre équipe, mais aussi de notre avion. Il faut réserver les vols aller et retour, l'hébergement, etc. S'il faut un visa pour quelqu'un on s'assure qu'il l'obtienne, on passe en revue tout le planning de la semaine de course et on coordonne les repas. En ce qui concerne l'avion, il faut s'assurer de bien avoir tous les documents nécessaires pour l'expédition : a-t-on bien tous les éléments ? Où l'avion doit-il être acheminé ? Etc, etc. »

Layton, toujours dispo pour répondre aux demandes de Chambliss

Une fois sur le site de la course, le job du TC ne se limite pas au management, mais il doit également apporter son aide à l'équipe sur le terrain. 



Griffiths : « Dans notre équipe, je voyage avec le technicien pour m'assurer qu'il a tout ce dont il a besoin pour commencer à monter l'avion. On arrive généralement le lundi qui précède la course. Le mercredi ou jeudi soir on a une réunion avec les sponsors, pour qui je suis le contact privilégié, et c'est moi qui dois m'assurer que Mika est là. On a toujours quelque chose à faire : passer sa caisse à outils au technicien, emmener le pilote à sa séance photos ou juste s'assurer que tout le monde a quelque chose dans son assiette ! »



La tâche de Layton est assez similaire : « Je ne suis pas mécanicienne, mais j'apporte un coup de main à notre mécanicien et j'aide au montage du hangar. Entre deux, je vais chercher ceux qui arrivent à l'aéroport et je les accompagne pour l'enregistrement à l'hôtel. Le TC est généralement le premier arrivé et le dernier parti. »



À mesure que la course approche, la pression et la tension montent. Un bon timing est essentiel et le coordinateur d'équipe joue alors un rôle clé : « Tous les soir j'envoie son planning à chacun pour le lendemain, et mon rôle est de veiller à ce que tout le monde s'y tienne ! explique Griffiths. Les journées de courses sont très très denses, avec des interviews pour les médias, des sessions d'autographes et des briefings. Je veille à ce que Mika soit prêt et concentré mentalement et physiquement avant chaque vol, et qu'on pousse l'avion vers la pesée dans les temps et avec le moins de pression possible. Je suis en contact radio avec les responsables du timing donc je sais tout de suite si notre départ est retardé. »



Pour résumer, le TC doit être joignable 24/7... Ce n'est pas trop stressant ? 
Griffiths : « Si je fais bien mon boulot, ni moi ni personne ne doit être stressé à aucun moment de la semaine. Après, le moment le plus chaud c'est quand Mika fait ses runs, on est à cran ! On veut absolument qu'il sorte un run propre et rapide mais en même temps on ne peut rien faire et là c'est vraiment lui qui a toutes les cartes en mains ! »


Son homologue du Team Chambliss acquiesce : « On donne tellement pour chaque course, du montage à l'entraînement, en passant par tout ce qu'il y a entre les deux. C'est vraiment un sport d'équipe, mais là – pendant les runs de Chambliss – on est vraiment spectateurs. Autre source de stress mais moins fréquente : quand ont rencontre un pépin de maintenance. Là les nuits au hangar peuvent être longues... »

Les coordinateurs d'équipes ne vivent que pour la course

Après chaque vol, de nombreux TC doivent gérer la vidéo du run : s'assurer que les caméras sont chargées, télécharger le film et le transmettre au tacticien de l'équipe pour qu'il l'étudie. La course terminée, les TC aident généralement leurs techniciens pour le démontage et ramènent les membres de l'équipe à l'aéroport. Une fois à la maison, le repos est de courte durée, car les pilotes et les équipes ont d'autres engagements en dehors des circuits.



« Je pense sans arrêt aux prochains projets : est-ce qu'il faut réserver des vols et des chambres d'hôtels, est-ce que j'ai des kits d'informations à envoyer aux médias, les sponsors et les médias ont-ils tout ce qu'il faut... ? Qu'est-ce qui me reste à faire ? Le plus dur est d'arriver à répondre aux exigences des différents événements, projets et besoins de l'équipe sans jamais rien oublier. Je me fais DES TAS de checklists ! » avoue Layton.

Chambliss en plein vol, seul moment où l'équipe reste spectatrice

Même l'intersaison est bien chargée. Griffiths explique : « On planifie la saison à l'avance, on apporte nos nouvelles idées pour caler les vols dédiés aux photos ou aux médias avant les courses par exemple. Cette saison il a fallu prévoir plein de choses, notamment la construction de notre nouveau site Internet et de nouveaux supports de communication, sans compter la nouvelle livrée de l'avion qu'on dévoilera bientôt. »



Pour les deux TC, grâce à l'atmosphère familiale qui règne au sein de leurs équipes leur job est un vrai plaisir, mais à la lumière de tout ce qu'elles assument, les TC ne sont-ils pas les patrons de l'ombre de l'équipe ?
« Pour tout vous dire, ils m'appellent Mum ("M'man") et c'est moi qui suis dans l'équipe depuis le plus longtemps donc oui, je dirais que c'est moi qui gère... mais ne le dites pas à Mika, il préfère croire que c'est lui le boss ! » dit Griffiths en souriant. « C'est un effort collectif et je suis là pour m'assurer que tout le monde travaille pour obtenir le meilleur résultat, intervient Layton. Le boss ? Je ne sais pas, mais mon rôle couvre un tas d'activités et tout ce qu'on doit voir c'est que tout roule, même s'il a fallu soulever des montagnes pour que ça marche. »



Layton et Griffiths seront aux petits soins pour leurs équipes à Abou Dhabi les 2 et 3 février, prenez vos billets ICI.

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